Mercredi 30 juillet 2008 à 14:40

(Les mots sont durs. Amers. Cynique. Mais trop vrais pour être cachés. Révélation de la Nuit, révélation de Nott, de la Mort. J'avance, de la Tombe, à la Vie. Si vous ne voulez pas lire quelque chose de parfois cru... passez votre chemin)


S'accroupir et caresser la fleur de la vie, avant de l'écraser avec violence entre nos doigts blancs.
Voilà le résumé de notre jeunesse, mon ange.
[Les tombes sont nos vies]


Nous nous sommes mutilés aux côtés de la vie, pensant mieux la comprendre.
[Une valse avec son autre, son ange, son guide]

(Signé la fille aux coeurs amers)

Qui viendra cueillir la fleur?
Qui viendra, qui?
Tenir entre ses mains la corolle fragile.
Tenir entre ses doigts les pétales rouges de vie.
Notre âme ne serait qu'un chant, un champ.
Un champ de fleur, parsemé, de ça, de là, de celles qui représentent nos vies,nos vies passées, nos âmes, toutes nos âmes, nos coeurs, tous nos coeurs.

Mon champ est-il celui des blanches chrysanthèmes, des rouges pavots, de la violente ciguë et du lierre éternel?
Mes liens sont les verts feuilles du rampant, du grimpant: je suis torturée, je suis soignée, je suis vendue, je suis achetée, je suis violée, je suis déçue, je suis née de la violence, la violence a accouché de moi, Fille de l'Amour, car la violence est mon cortège, car la violence est tapie dans le creux de mes reins et de mon âme.

Cette violence est là sans jamais l'être.
Je suis Fille de l'Amour, Fille de Lofn, mais ma Dame et ma Maîtresse est Mort parmi les morts. Impératrice et Reine! Tu as mon âme! Mère! Tu as mon affection!

D'où viens-tu, d'où vient-elle, d'où viens-tu, d'où vient-elle?
D'où suis-je moi-même?

Je suis née de ma propre violence.
Révélation amère commune à toutes nos vies.
Je suis née de mon propre viol, je suis née de mes blessures.
Du bonheur, jamais rien ne grandit, et jamais rien ne tombe. Du bonheur, rien ne nait, si ce qui mourra étouffé par les mots pourrissants que l'on n'ose crier.

Je suis la fille de mon propre viol.
Je suis la fille de ma violence intérieure.

Violence, d'où es-tu née? De quel passé es-tu issue?

Un pas de plus sur la connaissance de soi, un pas de plus en avant, dans les ténèbres. Qu'y a-t-il de nouveau là-dedans?
Rien et tout à la fois.

Prise de conscience, et prise de risque.
Un jour, se révèlera l'origine de la violence qui m'a engendrée.
En comprenant la violence qui m'a engendrée, défaire ses liens, s'en libérer.
Connaître la cause du mal permet de mieux s'en affranchir, et savoir que la violence nous engendre permet de mieux cerner nos problèmes.

Je viendrai à ta rencontre, violence! Névrose héritée de mes vies, de mes êtres, de mes ancêtres! Je viendrai à ta rencontre, violence!
Car grâce à toi, je me libérerai pour mieux évoluer.

Publié par damepolaris

Mardi 8 juillet 2008 à 1:41

Les yeux vides d'avoir trop pleurer, le coeur douloureux d'espérer, l'attente, interminable, et la pluie, qui tombe, inlassablement, dans mon âme et sur les vitres. Lumière pâle et blafarde qui éclaire un visage tiré. Je ne suis plus qu'une ombre, je ne suis qu'une autre. Celle qui est n'est plus, celle qui est ne sera jamais, celle qui est est amputée de son coeur.

Le coeur a froid. Mon coeur a froid.

Qu'importe? Osef, comme qui dirait.
Ce n'est pas comme si elle pouvait y faire quelque chose, dit-elle. Ce n'est pas comme si, les yeux grands ouverts sur le néant, j'avais encore quelque chose d'autre qu'un espoir désespéré, deux yeux pour pleurer, une âme pour souffrir.

Seule en amour, je devrais me lancer dans les jeux de hasards.
Les jeux de l'amour et du hasard... Pfff.

Joues sèches, yeux asséchés, perte de sommeil, solitude.

Restons là à regarder l'écran.

Peut-être qu'un jour.

Peut être.

Mais rien n'est moins sûr, quand on est quelqu'un d'exécrable.

Publié par damepolaris

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